Parisot adepte des réseaux sociaux
12/06/2012
L'Union
Laurence Parisot a trouvé l'outil qui lui manquait pour parfaire sa communication : le numérique. Une tablette entre les mains, la présidente du Medef manie son livre numérique « Besoin d'aire », avec des démonstrations édifiantes. « Il faut être adepte des réseaux sociaux », a-t-elle lancé au champagne Pommery à Reims, devant un parterre de chefs d'entreprise invités par le Medef marnais et régional.
C'est aussi sur un ton novateur que cette femme au regard clair et volontaire veut parler de l'Europe. « Le programme Erasmus, ça marche. Nous ne savons pas raconter les valeurs de l'Europe. » La bande annonce du film « L'Auberge espagnole » lui sert de support. Elle n'en oublie pas de citer le visionnaire Victor Hugo pour cette vieille ambition aujourd'hui menacée, si l'Europe n'engage pas un partage de souveraineté. Avec cette idée d'un vrai commissaire en charge des affaires européennes pour les PME.
Mais pas de libéralisme à tout crin : « Le libre-échange ne doit pas être une loi de la jungle ». Laurence Parisot invite à mesurer l'écho européen et même international de toute décision prise en France. « Peut-on par exemple imaginer augmenter le Smic, alors qu'il n'existe pas en Allemagne ? ». La présidente du Medef égratigne au passage le chancelier allemand qui avait accepté, en 2003, de dépasser les critères de Maastricht sur la dette : « En France, elle équivaut à deux fois le Cac 40, ou aux neuf entreprises les plus valorisées au monde ! ».
Que faire ? « Organiser le désendettement compétitif. Entre austérité et relance, je suis pour l'un et pour l'autre. » Ce qui suppose des réformes qui ne passeront surtout pas par une nouvelle hausse des prélèvements obligatoires sur les entreprises. Le Medef défend l'idée d'un nouveau pacte fiscal et social, s'appuyant sur une baisse des cotisations des salaires et des employeurs pour redonner de la compétitivité et du pouvoir d'achat. Ce qui rendrait acceptables des hausses de TVA et de CSG.
Sur la réforme des retraites, elle s'inquiète d'un retour en arrière, avec un point de cotisation supplémentaire à craindre sur l'actuel mandat. « Et personne ne parle de l'assurance-maladie. Il y a une dette de 130 milliards. Le Medef va dire ce qu'il convient de faire pour convaincre, de manière très ferme », a-t-elle conclu sous les applaudissements.
