Cérémonie de clôture du XXème Sommet France-Afrique

01/06/2010

Cérémonie de clôture du XXème Sommet France-Afrique

Monsieur le Président de la République,
Majesté, Madame et Messieurs les Chefs d’Etat,
Messieurs les chefs de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de l’Union africaine,
Monsieur Président de la Banque mondiale,
Monsieur le Commissaire européen au Développement,

 

C’est un grand honneur et aussi une lourde responsabilité de porter la voix des entreprises pour la première fois à l’occasion d’un Sommet Afrique‐France.

Je tiens à saluer la participation à ce sommet de plus de trente présidents et vice‐présidents d’organisations patronales et de près de 300 chefs d’entreprise d’Afrique et de France. Nul doute que ce XXVème Sommet Afrique‐France est historique. Jamais jusqu’alors, le rôle de l’entreprise dans nos échanges, la contribution de l’entreprise dans les relations entre nos peuples n’avaient autant été mis en lumière.

Monsieur le Président de la République, depuis votre discours du Cap en février 2008, vous ne cessez de rappeler que la croissance de l’Afrique ne dépendait pas uniquement de l’aide publique au développement, mais aussi de l’augmentation des investissements privés, de l’engagement des entreprises d’où qu’elles viennent et de la multiplication des liens que favorisent les échanges économiques.

 

La vocation des entreprises est de satisfaire ses clients. Pour cela, les entreprises innovent, inventent, imaginent de nouveaux produits, de nouveaux services. Ce faisant, elles créent des richesses, offrent des emplois, et peut‐être par‐dessus tout, elles donnent de l’espoir. Nos entreprises de France et d’Afrique accompliront d’autant mieux cette mission qu’elles mettront l’homme, le respect de l’homme au cœur de leur projet d’entreprise. Le respect de l’homme, le respect de la femme aussi, cela va sans dire, mais peut‐être mieux en le disant. Et la plus extraordinaire et la plus précieuse richesse de l’Afrique, c’est bien sûr ce milliardd’hommes et de femmes aux talents trop souvent méconnus, et pourtant à la créativité inégalée et à l’énergie sans limites.

 

 

 

 

De nos travaux ce matin entre patronats africain et français, nous retenons que les entreprises veulent clairement s’inscrire au cœur d’une nouvelle relation entre l’Afrique et la France. Nous parlons ici d’entreprises privées qui s’engagent car elles sont conscientes de leurs responsabilités, pas simplement économiques mais également sociétales, sociales et éthiques.

Le travail que nous avons mené nous a permis de lancer des pistes pour renforcer la sécurité juridique de nos échanges et de nos investissements, faciliter le dialogue entre secteur privé et secteur public. Je citerai, à titre d’exemple, le travail remarquable qui est fait par l’un des partenaires du Medef en Afrique : l’école supérieure de commerce, HEC.

Nous voulons aussi aller plus loin en matière de formation professionnelle et nos organisations patronales sont prêtes à s’investir pour jouer un rôle majeur dans toutes les étapes de la formation, de l’identification des besoins jusqu’à l’offre qu’il convient de proposer. Des exemples existent déjà. Il convient de les connaître, de les mettre en avant pour qu’ils puissent se diffuser partout. Je citerai notamment le cas de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement de Ouagadougou.

 

Mais il était essentiel pour nous aujourd’hui de poser un acte nouveau, un acte fort, à la hauteur de nos espérances. C’est pourquoi nous, Mouvement des Entreprises de France, avons proposé aux organisations patronales des Etats d’Afrique, l’élaboration d’une charte. D’une charte garantissant notre engagement en matière de responsabilité sociétale et environnementale. Cette charte Afrique‐France pour une responsabilité sociale et environnementale des entreprises a reçu bien sûr l’approbation de toutes les organisations patronales. Je ne doute pas que certains diront que cette initiative peut paraître facile et de pure forme. Je voudrais vous dire que non et que nous allons tout faire pour la diffuser auprès de toutes les entreprises qui interviennent en Afrique ou qui sont déjà, parce qu’elles sont africaines, sur le terrain. Nous allons nous impliquer pour en favoriser l’adoption, mais plus encore, l’application.

 

Cette charte scelle la volonté partagée de s’engager pour l’avenir du Continent africain, pour le renforcement de son économie, pour la protection et la valorisation de ses nombreuses ressources et de ses cultures. Elle manifeste la solidarité économique, sociale et environnementale qui lie indéfectiblement l’Afrique à la France, l’Afrique à l’Europe.

 

Nous savons tous que des attitudes vertueuses naissent des dynamiques heureuses. Nous savons que c’est l’intérêt de nos entreprises, l’intérêt des différentes zones économiques de l’Afrique, et c’est donc évidement notre intérêt à tous.

Et puisque nous parlons de développement durable, je ne peux passer sous silence les atouts des entreprises françaises. Aujourd’hui, nous sommes rassemblés derrière un grand projet, un projet énergétique pour l’Afrique qui est soutenu par les plus grandes entreprises françaises, de Total à Areva, en passant par Veolia et Bouygues, projet qui permettrait l’électrification de l’Afrique sub‐saharienne, à partir de la technologie solaire thermodynamique : Africasol.

 

Grâce à votre initiative, Monsieur le Président de la République, un enthousiasme nouveau, régénéré est né à l’occasion de ce XXVème Sommet. Et d’ailleurs, ce matin, spontanément et à l’unanimité des organisations patronales présentes, nous avons décidé, je vous l’annonce officiellement, de créer une association des patronats d’Afrique et de France. Il s’agit d’une initiative importante car à partir de cette association, nous serons en mesure de suivre très régulièrement l’avancée des différents projets et initiatives qui naissent notamment dans le cadre de ces sommets.

 

Il existe une chanson rap africaine qui dit « c’est le jour de l’Afrique, c’est l’heure de l’Afrique ». Je ne crois pas que nous, les chefs d’entreprise, nous soyons d’excellents rappeurs, mais pourtant nous partageons sans hésitation cette conviction.

Aujourd’hui, entre l’Afrique et la France, entre les entreprises françaises et les entreprises africaines, les relations sont mûres. L’amitié fraternelle qui nous unit, la magie et la singulière beauté de toutes les Afriques feront le reste.

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